Carzo et Lieutier

En plein coeur de Nice, Carzo et Lieutier est une entreprise qui crée des montres inspirés de l’univers des motards. Leur ambition est de proposer une montre qui répondent à des critères esthétiques et de qualité mais qui soit aussi réfléchie, dessinée et usinée pour rappeler certaines pièces d’une moto. Ce qui leur tient à coeur est de proposer à leurs clients un accessoire de mode haut de gamme mais accessible. Rencontre avec Guillaume Lieutier à l’origine de ce projet avec Philippe Carzo… 

Dis nous tout sur toi ! 

Petit je me voyais rencontrer plein de monde, faire des tas de choses variées, peut-être styliste de mode. Par contre, quasi quotidiennement  je me demandais si j’allais être fier de l’adulte que je serais. Et actuellement, c’est un point qui revient perpétuellement. C’est à dire que je me demande régulièrement si l’enfant que j’étais serait fier de moi. Je trouve très intéressant ce va et vient entre moi et moi-même puisque beaucoup de mes projets sont ancrés dans mon enfance. Je réalise mes rêves d’enfant à l’âge adulte !
J’ai grandi dans la Beausse, je suis francilien, cependant je me sens assez Parisien. C’est une ville que j’adore, qui est très inspirante.
Il y a 20ans, j’ai rencontré pendant mes vacances dans le sud ma première femme. J’ai décidé de m’installer à Nice, et je n’en suis plus jamais parti.

Quelles études as tu suivi ?

Après mon BAC ES, j’ai été accepté dans l’école de stylisme que je convoitais. Mais, je devais attendre un an pour pouvoir débuter ma formation pour des raisons économiques. Entre temps, j’ai rencontré ma première femme, et ce projet est « mort dans l’oeuf ». 

Ensuite, j’ai obtenu deux bac +2: DEUG anglais/espagnol et un BTS tourisme.   

Comment tu débutes dans la vie professionnelle ? 

J’ai travaillé dans le tourisme chez un DMC (destination management company). C’est un peu la logique d’un tour operator sauf que tu personnalises au coup par coup pour des clients business, en B to B. J’organisais par exemple des séminaires pour 100/200 salariés, ou distributeurs d’une marque…  
Puis, j’ai travaillé 10 ans dans l’hôtellerie. J’ai été directeur commercial et marketing de l’hôtel Ambassadeur à Juan les pins. Puis, il y a eu un gros remaniement et j’ai divorcé… 

Suite à cela, j’ai décidé de me lancer dans mes propres projets. En septembre 2009, j’ai commencé à travailler sur Boule d’Energie avec Ludovic Frambach et Sébastien Pandolfi. Il s’agit d’une société d’activités évènementiel sur la côte d’Azur et Paris qui marche bien ! (Je touche du bois, rire)

Je sais que tu as aussi travaillé sur la boulisterie ? 

Dans le cadre de notre société d’événementiel, nous avons commencé à apporter des terrains de pétanque éphémères lors d’événement. Ca a plu. Il y a 3 ans, j’ai décidé de le developper… La boulisterie est née ! Je suis très content de ce projet. 

A quel moment tu commences à travailler sur Carzo et Lieutier ? 

Il y a deux, j’ai retrouvé Philippe sur des événements. Nous nous connaissions puisque nous sommes tous les deux passionnés de moto.  A la fin d’un repas, un peu saoul, je lui dis que c’est drôle qu’on ai jamais collaboré ensemble alors que c’est la personne de mon entourage qui a l’univers qui me parle le plus. Il me répond qu’il viendra me parler d’une idée qu’il a. 

Après l’été, Philippe est venu me trouver avec son idée « créer des montres d’inspirations motocycliste ». Il me dit qu’on a une vraie légitimité à proposer ce produit. 
Lui, il fabriquait des motos de toutes pièces. Il avait de grandes compétences en design et mécanique dans le sens général. Il est aussi très technique puisque qu’il est capable de monter une montre de A à Z.
De mon côté, j’ai la passion de la mode, du marketing, des réseaux sociaux et web, du slogan… 

As tu tout de suite cru en ce projet ? 

Je ne pensais pas rejoindre ce projet… Pendant 3 semaines, Philippe m’a relancé, il m’a challengé et donc embarqué. 
Plus que l’idée, la complémentarité absolue entre nous deux m’a poussé à accepter. 

Avez -vous dû modifier vos ambitions en cours de réalisation du projet ?

Pas du tout ! Ce projet a une magie que beaucoup d’autres des projets sur lesquels j’ai travaillé n’ont jamais eu, mis à part la Boulisterie...
En effet, très rapidement il y a eu un retour positif par rapport au temps investi. Il y a ce petit quelque chose en plus. 

Quel choix difficile as-tu du faire ?

Quand Philippe m’a sollicité pour le rejoindre sur le projet Carzo & Lieutier, j’étais en train de me mettre à bosser sur une idée qui me tenait à coeur. Mais je n’avais vraiment pas le temps nécessaire pour me mettre sur deux projets simultanément. 
J’ai du choisir. 

Es tu un passionné de l’univers de l’horlogerie ?

De mon côté, j’ai toujours aimé l’accessoire de mode, presque sacré que représente la montre. Y’a une histoire autour de cet objet. Ca représente le temps qui passe, c’est assez pesant. 

Mon oeil novice sur l’aspect technique me permet aussi d’être plus proche de nos clients qui sont souvent des amateurs. C’est quelque part un atout, un équilibre nécessaire. 

Ta journée type ! 

Je dors de 4H00 à 8H00 au mieux quand mon dernier fils me le permet (rire)
De 9H00 a 10H00 je commence souvent par faire une réunion avec Philippe au Charlie’s and co
Puis La journée, je suis plus dans l’exécution. Je traite toutes les urgences. C’est à dire qu’être entrepreneur c’est passer sa journée à trouver des solutions à des problèmes… Je travaille plutôt sur la boulisterie et Boule d’Energie.
Le soir, je suis plutôt créatif. Je me mets de 22H jusqu’à 4h00 sur Carzo et Lieutier pour exécuter le job de création, de la communication, du positionnement… 

As tu une habitude insolite ? 

Je dois avoir 500 notes sur mon agenda, 400 alarmes sur mon iPhone. Quand une tache devient vraiment urgente, j’écris sur mes mains. Souvent, à la fin de la journée, j’ai l’intégralité de ma main gauche tatouée. 

Sur les cinq dernières années, quel nouveau comportement, état d’esprit, croyance ou discipline a le plus amélioré ta vie ?

Ma femme.

Je trouve que tous tes projets sont esthétiquement très aboutis, tu dirais que tu es un artiste ?

Je crois que j’ai tout de l’artiste sauf le talent. Par contre, je suis quelqu’un de passionné.
Et surtout, je me suis toujours associé avec des personnes qui me complètent, qui comblent mes incompétences et lacunes. 

Ton rapport à l’entreprenariat ? 

C’est vraiment passionnel ! Aujourd’hui, j’entreprends pour faire naitre des projets qui me font rêver, qui me tiennent à coeur. Je ne peux absolument pas m’investir dans un travail dans un but lucratif. Même si, bien évidement, je développe des projets qui ont pour ambition d’être rémunérateur à terme. 

Par exemple, lorsque j’ai crée ma marque de T-shirt, Smokey Joe, le véritable moteur de mon travail était que Johnny Hallyday porte un de mes modèle. Chaque saison, je lui faisais parvenir un T-shirt de ma collection. Il a fini par en porter un tout l’été dernier… C’est la réussite d’une de mes ambitions. 

Souvent on pense que l’idée prévaut sur tout,
Es tu d’accord avec ça ? 

J’te jure, j’ai des millions d’idées par jour ! Mais le nerf de la guerre c’est d’être capable de les mettre en oeuvre, combien on a de temps à allouer au projet. 
Ce n’est certainement pas le facteur déterminant de réussite ! 

As tu un échec préféré ? 

J’ai souhaité arrêter Smokey Joe puisque je n’ai pas su faire les sacrifices nécessaires au bon moment. J’aurais du créer moins, produire plus, prendre des risques financiers, peut-être me faire épauler par un associé, créer une véritable société derrière. Je pourrais évidement faire tous cela maintenant mais je n’ai pas l’envie, ce n’est plus le moment. 
Mais malgré cela, comme je te le disais tout à l’heure, j’ai eu mon graal personnel lorsque Johnny Hallyday a porté mon t-shirt.
Sans parler de toutes les rencontres humaines, dont Philippe, que j’ai pu faire grâce à ce projet et qui me permettent aujourd’hui de réaliser mes nouveaux rêves… 

Ton rapport avec l’argent ? 

Lorsque j’avais 20ans, je devais probablement déjà avoir un état d’esprit entrepreneurial quelque part… Des amis d’amis me disaient que j’avais envie de gagner beaucoup d’argent, que j’avais un discours de droite… Mais, je ne suis pas du tout d’accord avec ça ! Ce que je veux avant tout c’est fédérer du monde autour d’un projet !
Sauf que évidemment, je veux également gagner de l’argent parce que je veux être libre !
Mais ce n’est pas la priorité lorsque je lance un projet. 

Quand tu te sens débordé ou déconcentré, que fais tu ?

Je suis trop souvent débordé. Je suis souvent de mauvaise humeur à cause du manque de temps. Le temps me persécute mais ça me va bien aussi. 

Quand je pose ma tête sur les genoux de ma femme, ça m’apaise ! 

Sais tu dire Non ? 

Ca c’est un gros problème. je ne sais pas dire non. 
Par ex, si j’ai copain qui a besoin d’aide sur un projet, je sais le temps que ça va me prendre… Je devrais refuser mais j’en suis incapable. Pour autant, je vais tenir mes engagements quitte à ne plus dormir. 

Par contre, avec l’expérience, j’ai appris à reconnaitre « les patates chaudes ». Je ne m’engage plus sur des projets à problème.

Quel achat de moins de 100€ a eu l’impact le plus positif sur ta vie dans les 6 derniers mois ?

J’ai forcé trois amis à aller voir Johnny Hallyday à Nïmes le 22 juin 2017. Je l’ai vu environ 20 fois en concert mais je savais que ce serait probablement la dernière fois. 

C’était beau parce qu’on a partagé un moment énergisant et fort. 

Quel conseil donnerais tu à un collégien ou lycéen ?

Construisez vous des rêves ! Vous êtes à l’école pour pouvoir les réaliser un jour.  
Et surtout sachez qu’il y a un univers professionnel entier à découvrir qui vous attend.  

Quels conseils donnerais-tu à un(e) étudiant(e) motivé(e) qui s’apprêterait à entrer dans la vie ? 

Ne pas se dire que d’un côté on a ses passions et ses loisirs , et de l’autre coté ses études et/ou son travail. Mélangez tout !  Mettez vos études au service de vos passions. 
Si vous avez envie de réaliser  un projet, peut importe lequel, allez y ! Il faut y croire plus que n’importe qui. Et surtout gardez cet « ADN DE FOLIE » que vous aviez lorsque vous étiez enfant ! C’est sacré. 

Que dirais tu à Guillaume de 15 ans ? 

Je serais très ému. 
je lui dirais: « Tu vas perdre beaucoup trop de temps à douter, ne doute plus. Tu crois en toi, je le sais. Mais crois y 10 fois plus parce que ça fonctionnera 10 fois mieux et 10 fois plus vite. »

 

Ton mantra ! 

Un homme qui croit en ses rêves est un enfant qui grandit. 
S’il n’y croit plus, c’est un homme qui vieillit. 

Ton projet personnel qui t’enthousiasme dans l’année à venir ? 

Me canaliser un peu plus pour me dégager du temps plus sereinement en famille. 

Quelles sont tes ambitions pour ton projet à long terme ?

Pour la boulisterie, on a un gros projet aux USA qui est en cours… Notamment à Los Angeles. 

Pour Carzo et Lieutier, c’est évidement de developper la marque, d’avoir une vraie boutique qui soit pignon sur rue, que ça devienne une marque référente… Mais, en fait, ce que je voudrais dans un an c’est que mon associé Philippe soit épanoui, que j’ai pu finalement participer à la réalisation de ses rêves. On est redevable de ses associés. On a une obligation de résultat.  

Ta vision du succès ? 

C’est de fédérer mes amis et collaborateurs autour d’une projet commun et de les rendre heureux.
A nous tous, on est super alors que seul on est amoindri. 

Merci à Guillaume d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions bien qu’ils se soit levé à 5H00 du matin pour se le permettre ! Au cours de cette discussion, j’ai découvert une personne généreuse, émotive et fonceuse. J’ai adoré la façon dont il m’a expliqué son parcours avec beaucoup de transparence. J’espère que ça vous aura plu et que vous aurez envie d’aller à leur rencontre à votre tour ! 

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et si possible d’en parler autour de vous. Merci d’être présent et toujours plus nombreux. 
A jeudi prochain,
Je vous embrasse,
Samantha

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