Gaëlle Stratman Céramiste

Nichée dans son atelier, au coeur de sa maison à Mougins, Gaëlle façonne ses pièces en porcelaine et en Faïence. Chaque objet est unique et peut-être personnalisé. Elle a voulu que son univers soit poétique, lumineux et ludique. Elle propose d’ailleurs tout un travail autour de l’enfance qui me fait littéralement craquer !  Je vous emmène à sa rencontre… 

Dis nous tout sur ton parcours scolaire ! 

Je me suis longtemps demandée ce que je souhaitais faire plus tard. Cela a été un long chemin puisque je suis passée par plein de questionnements, de métiers, d’étapes avant de trouver ce qui me correspondait vraiment. 

En fin de collège, j’ai voulu me diriger vers un BAC pro comptabilité uniquement puisqu’il y aurait des propositions d’emploi immédiatement après le diplôme. Lors des stages, je me suis rendue compte que ce n’était pas du tout adapté à moi. J’étais bonne élève mais je faisais des dessins sur le rebord de mes bordereaux. (rire) C’était un métier bien trop rigide pour que je puisse m’y épanouir. 
Juste après l’obtention de mon BAC PRO, je me suis mise à la recherche de la filière qui me conviendrait. Je me suis rendue compte que depuis toute petite j’avais des facilités pour le dessin et que j’avais eu de très bonnes notes en art plastique durant mes études. Du coup, je me suis dirigée vers un an de prépa d’art appliqué à l’Ilec à Cannes. J’ai adoré apprendre la technique, je me suis éclatée. Pour terminer, j’ai fait une licence en publicité à l’école supérieure Saint-luc de Bruxelles. Mon diplôme en poche, j’ai travaillé plusieurs années en tant que graphiste / maquettiste

Quels ont étés tes premiers jobs ? 

Depuis mon adolescence, j’ai exercé des tonnes de petits boulots d’étudiants. J’ai été, entre autres, manutentionnaire dans une usine de carton, équipière à macdo, puis stewards/marin dans le yachting… Bref, j’ai fait un peu de tout dans le but de me trouver et d’être indépendante. 
Après ma licence, j’ai été graphiste/maquettiste pour les éditions Hachettes Ventures (Elle , Elle Déco,  Playtennis …) pendant une bonne année en Belgique.
Ensuite, je suis revenue en France et je me suis installée en tant que Free-lance dans le graphisme. 
Finalement, j’ai été embauchée toujours en tant que maquettiste par un magazine de beauté destiné aux professionnels. Cependant, la société a fermé pour liquidation judiciaire en 2014.
A savoir, qu’entre temps, j’étais devenue maman et cela avait grandement changé ma façon d’appréhender ma carrière et mes ambitions professionnelles.  

Comment on évolue de graphiste à céramiste ?

Lors de mon licenciement, j’ai pris cet événement comme une aubaine pour me reconvertir et essayer quelque chose de nouveau. Je souhaitais me former encore une fois dans un nouveau secteur professionnel. 
Je ne sais pas exactement pourquoi la céramique… J’ai toujours aimé la terre mais je n’en avais jamais fait. Je suis tombée par hasard sur cette formation à Vallauris qui permet d’obtenir le diplôme des arts du feu. C’est une formation professionnelle très complète, à temps plein 5j/7 pendant un an qui te permet de connaitre tous les rudiments de la céramique. 

Comment tu décrirais ton premier contact avec la céramique ? 

Je ne me suis pas du tout posée la question de si j’allais en faire mon métier, ni même si je pourrais en vivre. Je me suis juste lancée en saisissant une
opportunité… 
J’ai tout de suite adoré. Il y avait ce petit quelque chose en plus que je n’avais jamais ressenti auparavant en travaillant. 

Penses tu que tu as aimé cet apprentissage parce que tu as des facilités pour travailler la terre ? 

Je ne peux pas dire si je suis douée… Par contre, c’est vrai que j’avais de bons retours de mon entourage. On a cru en moi dès le départ. On me disait : « Lance toi. Essaye! » Ca m’a donné confiance en moi, et cela me donnait envie d’essayer d’en vivre.

A quel moment, tu décides d’en faire ton travail ? 

Tout de suite après le diplôme, en 2015 ! Nous avons monté un collectif avec deux filles de la formation. Nous avons trouvé un local à Vallauris très facilement. L’ambition de ce collectif était de vendre chacune nos créations sur place. 
Un an plus tard, j’attendais mon deuxième enfant. J’ai pris la décision de quitter le collectif et de développer ma propre société.  Gérer ma grossesse pendant le lancement de ma nouvelle société c’était un peu comme attendre deux bébés en même temps… Ca a été une grosse période de travail. 

Par quoi tu commences lorsque tu te retrouves chez toi avec ton idée en tête ?

Je commence par façonner des tasses en céramique par moulage. Cette technique a été une révélation parce que ça me permet de toucher le plâtre, de penser les moules en positif/négatif, de couler,de nettoyer les petites pièces, de faire cuire… J’aime vraiment tout ce processus. Et par dessus tout, créer mes moules, c’est une passion.  

Quel type d’objets fabriques-tu ? 

Je dois avoir un problème avec les tasses parce que j’en fais énormément et de toutes les tailles ! (rire) 
70% de ma collection, ce sont des tasses. Mais je fais aussi des cuillères, des médaillons, des coupelles à bijoux, des assiettes à compartiments pour les enfants… 

As tu eu tes premiers clients rapidement ? 

Oui, ça a tout de suite très bien fonctionné grâce à Instagram.
Initialement, j’ai fait évoluer ma page personnelle en une page professionnelle. Au début, mes copines ont « liké », puis les copines de copines, puis les copines de copines de copines… Petit à petit, des personnes que je connaissais pas sont venues me demander si elles pouvaient acheter mes pièces.
J’ai donc créé mon site internet pour me lancer un e-shop. En 3 semaines, j’ai eu mes premiers clients. 

Comment as tu géré ton marketing ? 

Mon diplôme de graphisme m’aide au quotidien pour bien communiquer. J’ai appris toutes les étapes du processus de création. Cela me facilite grandement la tâche. 
J’ai également fait quelques partenariats sur les réseaux sociaux avec d’autres créatrices de la région (tilleul blanc Lisette). Ces collaborations permettent d’avoir plus de visibilité, de travailler avec des personnes que j’affectionne et de sortir de mon atelier. 

Pourquoi utiliser ton nom pour représenter ta société ? 

Pour me sentir proche des clients. Il n’y a que mon travail derrière chaque objet. 

As tu eu des moments de doute ? 

Les moments de doute ont plutôt été des moments de fatigue. Tout d’abord parce que mes enfants sont petits, et que j’ai monté seule la structure du projet. Je m’occupe de tout de A à Z : la communication, la création, le travail de la terre, jusqu’aux envois et suivis postaux…  

Qu’est ce qui t’a poussé à croire en ce projet plutôt qu’un autre ?

La passion ! Malgré les difficultés, j’aime tellement mon travail, que j’y retourne quoi qu’il arrive. Je n’ai pas eu envie de baisser les bras une seule fois.
Je dois aussi remercier la communauté Instagram qui me fait vivre, me soutient et me motive. 

Quelle est ta journée type ?

Je me lève avec les enfants et je les dépose quand ce n’est pas mon mari. Je bois quelques cafés (rire) avant de monter dans mon atelier. Je commence toujours par jeter un oeil aux commandes, et je gère les colis urgents. 
Ensuite, je me mets au poste d’atelier. J’étire ma terre, je la coule, je fais de l’estampage, je fabrique mes moules. Jusqu’à ce que je regarde l’heure et que je me dise: « Mince, c’est l’heure d’aller récupérer mes enfants! »  

Une anecdote insolite ? 

Quand je reçois des commandes de l’autre bout du monde ! Il n’y a pas si longtemps, une cliente m’a demandé si je livrais au Quebec. je lui ai répondu que Oui mais que j’y avais simplement jamais pensé ! Même si je connaissais la puissances des réseaux sociaux, ça m’impressionne à chaque fois ! 

Sur les cinq dernières années, quel nouveau comportement a le plus amélioré ta vie ?

j’écoute plus mon intuition. 

 C’est difficile pour toi de travailler seule ? 

Non, c’était presque un besoin parce que j’aime beaucoup le calme. Mais très souvent, je sors le midi manger avec mes copines vers Cannes. 

As tu un échec préféré ?

Il s’agirait plutôt d’une succession de petits échecs. Mes études de compta qui m’ont aidé pour mes démarches administratives tout au long de ma création d’entreprise. Mon licenciement puisque la boite a fermé qui m’a permis de faire une reconversion professionnelle.
J’essaie de transformer les difficultés que je rencontre en opportunités. 

Comment optimises tu ton temps ? 

J’ai un grand tableau noir dans mon tablier… J’y note toutes mes commandes et je les numérote pour les prioriser.
De temps en temps, quand je suis débordée, j’efface une à une mes commandes sur le tableau noir. Puis, je les note à nouveau, en notant un nouvel ordre de confection. Ca me permet de relativiser et de me prouver que c’est réalisable. 

 

Quand tu te sens déconcentrée, ou que tu perds de vue temporairement tes priorités, que fais tu ?

Je lâche tout à l’atelier et je passe un moment avec mon mari et mes enfants. 

Es tu capable de refuser du travail qui ne te conviendrait pas  ? 

C’est très dur car j’ai beaucoup de mal à dire non mais je commence à le faire. C’est important pour moi d’accepter des projets qui correspondent à ma démarche créative.

Que dirais tu à la Gaëlle de 15 ans ? 

Suis tes premières intuitions ! Souvent tu serras prise de doute, alors ne tergiverse pas trop et lance toi dans tes projets un peu fous. 

Quels sont les mauvais conseils que tu entends dans ton domaine de la céramique ?

Le problème selon moi, c’est justement que c’est très difficile d’obtenir des conseils. Les céramistes français gardent leurs propres techniques un peu secrètes. 
C’est assez terrible parce que le savoir ne circule pas beaucoup. Pour avoir des conseils et des idées de recettes, il faut se tourner vers internet et notamment des sites anglais et américains qui donnent beaucoup de bons conseils.

Ton mantra !

Être positif ! 

Quel est ton projet personnel qui t’enthousiasme dans l’année à venir ?

Passer plus de temps en famille. 

Quel est ton projet professionnel qui t’enthousiasme dans l’année à venir ?

Une collaboration que je garde encore un peu pour moi avec une personne que j’adore ! Ca promet de belles nouvelles pièces. 

Quelles sont tes ambitions pour ton projet à long terme ?

Je suis en plein questionnement à ce sujet: Comment je me développe ? Est ce que j’engage ? 
A priori, je vais agrandir ma structure mais je ne sais pas encore exactement comment.

Quelle est ta vision du succès ?

Pouvoir continuer à faire ce que j’aime. 

Merci à Gaëlle d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions dans son bel atelier ! Au cours de cette discussion, j’ai découvert à travers son parcours une personne fière de son parcours, heureuse de ses choix et surtout passionnée. J’ai adoré la façon dont elle m’a expliqué son projet créatif. J’espère que ça vous aura plu et que vous aurez envie d’aller à sa rencontre à votre tour ! 

Gaëlle Stratman céramiste 
Made in France, avec amour. 

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Instagram

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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et si possible d’en parler autour de vous. Merci d’être présent et toujours plus nombreux. 
A jeudi prochain,
Je vous embrasse,
Samantha

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