Les petites porcelaines

Niché au coeur de Vallauris, les petites porcelaines est une boutique de vaisselle et de bijoux en porcelaine. Rencontre avec Justine, jeune femme entreprenante, qui façonne toutes ses pièces à la main. 

Dis nous tout sur toi ! 

Petite, j’admirais le travail manuel de mon père qui est menuisier / ébéniste. Au collège, j’étais excellente en musique et art plastique mais j’avais du mal à m’intéresser aux matières générales. En 5ème, totalement par hasard, une amie m’a proposé de participer à des cours de poterie ! J’ai découvert un an plus tard qu’il existait un CAP céramique au lycée Léonard Da Vinci à Antibes. Je m’y suis inscrite.

A partir de ce moment là, j’ai excellé dans mes études. J’avais une personnalité très timide et renfermée, ça m’a redonné confiance en moi ! Il est vrai que grâce aux cours que j’avais pris par moi même, j’avais toujours un peu d’avance sur les autres. 

J’ai continué mes études par un brevet des Métiers d’Art de céramique pendant 2 ans. J’ai d’avantage travaillé ma créativité et les arts appliqués. Puis j’ai terminé par mon DMA en 2 ans. La première année, j’ai réalisé des  pièces utilitaires artistiques autour d’un thème. La 2ème année, j’ai créé une pièce unique d’art avec une réflexion et une interprétation.

Juste un peu avant d’être diplômée, on est venu me chercher pour un poste de professeur. J’ai saisi l’opportunité. J’ai été enseignante 2ans. 

Comment est née la boutique « Les petites porcelaines  » ? 

Avec ma très bonne amie et binôme de travail au lycée, nous voulions nous installer ensemble. Nous avons monté un dossier auprès de la mairie de Vallauris pour pouvoir obtenir un atelier / boutique. Nous avons visité ce local et nous l’avons tout de suite adoré: il est lumineux, très bien placé et spacieux.  En septembre, nous avons appris avec joie que notre dossier était accepté. Cependant, il y avait plusieurs mois de travaux dans la boutique. En novembre, j’ai débuté mon travail de professeur au lycée, et mon amie s’est rétractée du projet. Après avoir longuement rediscuté avec la mairie, ils ont quand-même soutenu mon projet. J’ai ouvert les petites porcelaines un an plus tard. 

Pourquoi avoir choisi « les petites porcelaines » comme nom ? 

J’étais à Paris dans un parc avec ma soeur, et le nom m’est apparu comme une évidence. En effet, j’ai souffert d’une douleur au poignet à partir de ma 4ème année d’étude. Pendant plusieurs années, aucun médecin n’a trouvé la cause à mes douleurs. Du coup, en accord avec mes professeurs, je ne tournais que des petites pièces ! Je m’étais donc résignée à faire des petits bols, des petites tasses… Voila donc pourquoi « Les petites porcelaines » ! 

Il y a un an, j’ai enfin su que j’avais une simple compression d’un nerf. J’ai été opérée. Depuis, je n’ai plus de douleur. Quel soulagement pour moi qui pensait ne pas pouvoir exercer ce travail toute ma vie.

 

Pourquoi avoir choisi de travailler la porcelaine ? 

Durant mon BMA, j’ai fait un stage chez un céramiste. Lorsque j’ai posé ma main pour la première fois dans cette terre, j’ai eu un véritable coup de foudre.

La porcelaine est une terre très féminine. Elle est blanche, très douce et se tourne très fine mais en même temps elle a beaucoup de caractère. Sur le tour, elle ne se laisse pas faire. Et puis tout son caractère apparait à la cuisson, elle décide de ses propres déformations. J’aime beaucoup travailler cette terre.  

Comment ton travail de la terre a t’il évolué ? 

J’ai réalisé pendant 6 ans des petites tasses romantiques en porcelaine blanche. Je me démarquais de mes concurrents qui avait un univers extrêmement coloré. 

L’an dernier, suite à mon intervention chirurgicale, j’ai eu un mois d’arrêt. Je suis partie à la rencontre de mes copains potiers dans toute la France et je me suis aperçu que mon univers ne me correspondait plus. J’ai donc décidé de tout changer de la décoration de la boutique jusqu’à mes créations. 

En avril 2017, j’ai lancé ma collection cobalt. J’étais très contente de travailler à nouveau avec des couleurs, de faire des décors dans de la porcelaine mat. La collection a tout de suite eu un succès fou. J’avais de très bon retour. Cependant, la poussière de cobalt est dangereuse pour la santé. En décembre 2017, j’ai donc décidé de lancer la collection nébuleuse. Cette dernière a aussi énormément plu.

Maintenant, j’ai envie de faire de nouvelles collections plus régulièrement pour ne plus me lasser dans mon travail.


Ta journée type ! 

Je travaille par cycle pour fabriquer les pièces. Pendant 1 à 2 semaine je fais que du tournage, puis pendant 1 semaine je fais la cuisson et le décor et enfin durant une semaine je m’occupe de la vente et des colis. 

As tu une petite manie ? 

J’aime bien m’occuper de la boutique le matin avant de descendre dans mon atelier. Je prends le temps d’installer quelques pièces, d’arroser mes plantes… 

De quelle façon un échec a préparé pour toi le terrain d’un succès ultérieur ? 

Au cours de mes études, j’ai fait beaucoup de recherches sur un émail céladon qui se travaille au four à gaz. Cependant, la mairie de Vallauris m’a imposé de travailler avec un four électrique. C’est pour cette raison que j’ai débuté par des céramiques blanches. Maintenant, je me dis que c’est grâce à cette contrainte que j’ai créé mes premières collections. 

Que dirais tu à la Justine de 16 ans ? 

C’est ta différence qui fera ta réussite ! Ne change pas. 

Quels conseils donnerais-tu à un(e) étudiant(e) motivé(e) quis’apprêterait à entrer dans la vie ? 

Je leur dirais de s’écouter ! Tout le monde a une idée de ce qu’il aimerait faire, même si c’est farfelu. Lancez-vous. Peut-être qu’en essayant vous allez évoluer et vous trouverez la bonne filière. 

Ton mantra ! 

Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose. Jacques Brel

Quels sont tes projets qui t’enthousiasment dans l’année à venir ?

La venue de mon bébé ! 

Quelles sont tes ambitions pour ton projet à long terme ?

Je me pose beaucoup de questions puisque mon e-shop fonctionne très bien, et ma boutique me prend énormément de temps. Je vais devenir maman, et j’aimerais passer mon samedi avec lui. Peut-être qu’un jour je fermerais la boutique pour me consacrer uniquement a la vente en ligne. Mais je laisse les choses venir petit à petit. 

Quelle est ta vision du succès ?

C’est se lever le matin sans avoir la boule au ventre ! 

Merci à Justine d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions durant sa journée de travail ! J’espère que ça vous aura plu et que vous aurez envie d’aller à sa rencontre à votre tour ! 

Les petites porcelaines 
5, rue clément Bel
06220 Vallauris 
Les petites porcelaines
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A jeudi prochain,
Samantha

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